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7 rituels simples pour maintenir le lien alimentaire…

Temps de lecture estimé ~6 min

#Oralité #Repas

Lorsqu’un enfant ne peut plus s’alimenter par la bouche et qu’il entre dans un parcours de nutrition entérale, prescrite par son médecin, c’est toute la dynamique familiale autour des repas qui peut être bouleversée.

Le repas, ce moment si familier et si structurant, devient un territoire incertain… On pense que l’on ne pourra plus partager de repas ou encore prononcer ces tendres “miam”, ces “encore un peu” ou ‘’à taaaaaable’’.
Pour certains parents, cette perte va bien au-delà du geste : elle peut questionner le lien affectif, le plaisir, les habitudes construites, parfois, depuis la naissance.
En réalité, la nutrition entérale prescrite ne doit jamais signifier la fin de l’expérience alimentaire. Au contraire, elle rend la construction du lien sensoriel et affectif avec les aliments encore plus précieuse.
Préserver des rituels autour du repas est essentiel. Ces rituels maintiennent le lien avec l’univers alimentaire, notamment à travers l’odorat et la vue, et bien sûr les interactions relationnelles.

Nous partageons ici 7 rituels sensoriels et simples pour adapter ces moments de partage et de plaisir qui font partie intégrante de la parentalité.

Ritualiser le moment du repas

“Manger, ce n’est pas que se mettre à table. C’est aussi tout ce temps d’avant : faire les courses, cuisiner, dresser le couvert…” Explique Véronique Leblanc, psychologue experte dans les troubles alimentaires pédiatriques à l’hôpital Robert-Debré (Paris) et Présidente de l’association Groupe MIAM MIAM.

Véronique Leblanc, psychologue experte dans les troubles alimentaires pédiatriques à l’hôpital Robert-Debré (Paris) et Présidente de l’association Groupe MIAM MIAM.

Photographie ©Nazia Vaillant 

Impliquer l’enfant dans les préparatifs selon son âge : 

Même s’il ne mange pas les aliments, le contact avec la nourriture reste précieux. Aller au marché, sentir les fruits, observer les étiquettes, participer à la liste de courses ou cueillir des fruits et des légumes dans le jardin… Cela permet à l’enfant de garder une familiarité avec les aliments, d’exercer ses préférences, d’exister dans ce moment social. Ce n’est pas parce qu’il ne mange pas qu’il ne peut pas choisir.

Cuisiner ensemble, même symboliquement

Si cela est possible, l’enfant peut être invité à participer à la préparation des repas familiaux : laver une tomate, éplucher, couper, mélanger les ingrédients… Sans obligation de manger.

Il peut aussi choisir une recette dans un livre de cuisine de son âge, préparer un gâteau pour ses camarades, préparer une purée pour la petite sœur, servir une soupe faite maison avec sa mamie, nourrir le lapin ou arroser les plantes aromatiques…

Ces gestes peuvent aller de pair avec le dressage de la table : choisir la nappe, la vaisselle, les décorations, les fleurs…. Toutes ces implications valorisent son rôle dans la famille.

Ils montrent que le lien à l’alimentation peut être joyeux, même sans ingestion, et que c’est un bon moyen de faire plaisir aux autres. Votre enfant peut en tirer une grande fierté.

Quand on dit à un enfant « On va cuisiner quelque chose ensemble », cela ne signifie pas « Je vais te demander de le manger. » comme le précise Véronique Leblanc.

Cette distinction est essentielle, elle doit être verbalisée clairement, dès le départ, pour désamorcer l’anxiété et éviter que l’enfant n’anticipe une forme d’obligation. En posant ce cadre, on lève des résistances potentielles, on reste dans l’exploration.

Maintenir le cadre social

Même si votre enfant ne s’alimente pas par la bouche, continuez à l’installer à table avec vous. L’important est qu’il reste dans la convivialité et l’observation de tout ce que les autres sont en compétence de faire avec leur bouche et d’y prendre du plaisir. Votre enfant apprend en observant toutes les interactions sociales qui rythment la vie quotidienne. Il peut commenter les plats, poser des questions, participer à la conversation. L’enjeu n’est pas de manger, mais de partager.

Il faut permettre à l’enfant d’être présent à table, de faire partie du repas. Même s’il ne peut rien avaler, il a sa place dans ce moment collectif. Il peut choisir son set de table, sa serviette, son verre avec son personnage favori, une assiette achetée lors d’un séjour qui l’a marqué…  L’enfant est un convive à part entière.

Conserver une temporalité autour des repas

Même quand l’enfant est nourri par nutrition entérale prescrite par son médecin, le rythme reste essentiel. Prendre le temps de “passer à table”, à heures fixes, offre des repères familiers à l’enfant comme à toute la famille.

Cela recrée un cadre de vie structurant, rassurant, même si l’enfant ne mange pas comme les autres. Cela permet à l’enfant de conserver une temporalité autour du repas, un rythme qui équilibre la journée et qui montre que ce temps compte autant que toutes les autres habiletés sociales quotidiennes.

Explorer les aliments.

L’exploration orale commence avec les mains. L’enfant a besoin de toucher, malaxer, jouer avec les textures. Pour les enfants en bas âge, ou ceux qui ont connu des hospitalisations longues, le lien sensoriel avec les aliments est parfois rompu. Recréer du lien passe par le corps. Patouille de purée, modelage de pain de mie, sentir une fraise ou une épice, tremper un doigt dans la crème chantilly, tout est bon pour activer les circuits sensoriels.

Même sans ingestion, manipuler une biscotte, sentir un fruit, toucher du chocolat… C’est maintenir le désir, la curiosité, le lien à la culture alimentaire. Ces gestes sont riches de sens et préparent, un jour peut-être, à la reprise de l’alimentation orale décidée par l’équipe médicale.

Valoriser chaque micro-expérience

Enfin, il est essentiel de valoriser chaque pas, chaque tentative, chaque interaction avec la nourriture. Même symbolique. Et évidemment si elle ne présente aucun danger.

Un enfant qui touche une cuillère, qui donne son avis sur un plat ou qui veut “faire comme les autres”, c’est déjà énorme. Il est important de féliciter l’enfant, de continuer à l’encourager. Vous pouvez l’interpeller régulièrement : ‘’Et toi, tu aurais choisi quoi aujourd’hui ?”, “Quel recette te fait envie ?” Cette sollicitation à l’imaginaire gastronomique restaure le plaisir de la parole autour des repas, même si l’acte de manger est empêché.

Ces rituels ne sont pas là pour “rééduquer” ou normaliser. Ils sont là pour maintenir vivant le lien affectif, culturel et relationnel au repas même sans ingestion orale. Et surtout c’est une invitation à la créativité : chaque famille peut inventer ses propres rituels. Il n’y a pas une bonne façon de faire, mais une infinité de petites attentions qui comptent. L’essentiel est de ne pas laisser la technique évincer l’émotion, et de continuer à nourrir le lien. Ce lien d’amour fait grandir, même sans manger.

Article rédigé sur base des propos recueillis auprès de Véronique Leblanc en septembre 2025.

Les produits de nutrition entérale sont des denrées alimentaires destinées à des fins médicales spéciales, à utiliser sous contrôle médical. La nutrition entérale est administrée grâce à des dispositifs médicaux, avec marquage CE. Lire la notice d’instructions avant utilisation.
Ce contenu a vocation à vous accompagner lors de la prise en charge nutritionnelle de vous ou de votre enfant sous nutrition entérale, en complément de l’accompagnement de votre équipe médicale.
Si vous avez des questions complémentaires, parlez-en à votre médecin
260305, Avril 2026, NUTRICIA Nutrition Clinique – RCS NANTERRE 451 229 306

Lili Rose et une drôle de petite sonde

Pour continuer à aller de mieux en mieux, Jules va conserver sa nutrition entérale pendant plusieurs mois.

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Questions fréquentes

Ils ne garantissent rien seuls, mais ils préparent le terrain. Un travail avec une équipe pluridisciplinaire spécialisée est souvent nécessaire.

Proposez sans forcer. Laissez l’enfant explorer à son rythme, avec des matières ludiques. Le jeu précède l’acceptation.

Oui, car même sans expérience orale, les fondations sensorielles peuvent se construire : toucher, sentir, regarder, écouter sont des étapes essentielles.

Un livret simple ou une fiche rituelle peut être transmise aux professionnels. Certains parents utilisent un “carnet de lien ou de liaison”.

Tout est question d’équilibre. Le but n’est pas de forcer, mais de proposer. Ce sont des rituels souples, à co-construire avec votre enfant.

Dès les premiers mois. Plus tôt les rituels sensoriels sont proposés, plus ils s’intègrent naturellement au développement.

Oui. Ils peuvent être adaptés aux tout-petits comme aux ados, avec des nuances selon les capacités et les envies.

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