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Vas-y, bats-toi, gagne !

Patricia Blanc, fondatrice de l’association Imagine for Margo, raconte ce que le cancer d’un enfant change aussi dans son rapport à l’alimentation.

Quand un enfant tombe gravement malade, tout vacille. Les traitements bouleversent le quotidien, les repères sautent, et même les repas peuvent devenir une épreuve. Patricia Blanc connaît cette réalité de l’intérieur. En 2009, sa fille Margo a été diagnostiquée d’une tumeur cérébrale incurable. Après sa disparition, Patricia a fondé l’association Imagine for Margo, aujourd’hui engagée dans le financement de la recherche sur les cancers pédiatriques et le soutien aux familles. Rencontre avec une mère devenue militante infatigable, qui porte aujourd’hui un projet essentiel pour les familles : le guide nutrition “Manger ? Même pas peur !” conçu pour accompagner les enfants malades et leurs proches dans ce combat souvent silencieux autour de l’alimentation.

« Margo avait 13 ans quand nous avons appris son diagnostic.


Les mots “tumeur cérébrale très agressive”nous ont frappés comme un coup de tonnerre. »

Patricia Blanc

En quoi la maladie et les traitements bouleversent-ils le rapport des enfants à la nourriture ?


Quand un enfant est atteint de cancer, manger devient souvent un combat dans le combat. Les traitements peuvent entraîner des nausées, des vomissements et parfois des mucites (aphtes) très douloureuses dans la bouche. Il n’est pas rare que le goût et l’odorat se modifient : ce qui était familier peut alors devenir amer, métallique ou insupportable. Chez certains enfants, ces changements peuvent aller jusqu’à un rejet complet de certains aliments ou textures qu’ils appréciaient auparavant. Dans d’autres cas, l’appétit diminue, la fatigue s’installe et tout devient plus compliqué. Même les odeurs de cuisine peuvent devenir difficiles à supporter. Face à ces aversions, les enfants peuvent perdre du poids, s’affaiblir et moins bien tolérer leurs traitements. Pour les familles, chaque repas peut alors se transformer en épreuve.

C’est exactement ce que nous avons vécu avec Margo. Elle ne supportait plus l’odeur des repas à l’hôpital : rien que le passage des plateaux dans le couloir de l’hôpital suffisait à la dégoûter. Elle plaçait un mouchoir parfumé à la chlorophylle devant son nez pour atténuer cette odeur. Elle refusait catégoriquement les plats chauds. Alors nous lui apportions nous-mêmes de quoi manger, pour l’aider à tenir malgré ces blocages.

C’est ce constat qui vous a donné envie d’agir ?

Le fait qu’un enfant continue à bien se nourrir, c’est essentiel pour pouvoir mieux le soigner.

C’est ainsi qu’est née l’idée du guide ‘’Manger ? Même pas peur !’’ Nous l’avons construit main dans la main avec les médecins et les diététiciennes de la SFCE, Société Française de lutte contre les Cancers et leucémies de l’Enfant et de l’adolescent, et avec de grands chefs comme Cyril Lignac, Anne-Sophie Pic ou Yves Camdeborde. Grâce au soutien financier de l’opération nationale Boucles du Cœur menée par Carrefour, et la participation de Nutricia, ce projet a pu voir le jour.

Le titre du guide reflète sa philosophie : dédramatiser, accompagner, réintroduire du plaisir. Manger, c’est déjà avancer dans le combat.


40 recettes adaptées, des astuces pour gérer les effets secondaires des traitements, des idées pour redonner de l’appétit et aussi des explications sur les différents types de nutrition : orale, enrichie, entérale, parentérale. Nous avons aussi voulu qu’il soit agréable à lire, illustré, pensé pour les enfants et pour les parents. Et il y a également des témoignages de familles. C’était important, parce que lorsqu’on est plongé dans la maladie de son enfant, on se sent souvent très seul. Le fait de lire que d’autres ont traversé les mêmes difficultés peut déjà apporter un peu de souffle.

Que trouve-t-on dans ce guide ?

La nutrition entérale est souvent une source d’angoisse pour les familles. Comment en parlez-vous dans le guide ?

Nous avons voulu expliquer les choses très simplement. Beaucoup d’enfants suivis en oncologie pédiatrique y ont recours, mais c’est un sujet méconnu qui peut faire peur aux parents. Dans le guide, nous disons clairement que la nutrition entérale est un soutien. Elle aide l’enfant à garder des forces, à grandir, et à poursuivre son traitement… C’est comme un coup de pouce donné au corps pour rester fort. Nous avons aussi tenu à rassurer les parents : ce n’est pas une punition, ni une honte. C’est une aide essentielle, parfois temporaire, pour éviter les risques de dénutrition et pour que l’enfant puisse continuer à avancer…

Avec la nutrition entérale, comment préserver la place de l’enfant dans les repas tout en recréant un moment de partage en famille ?

La nourriture, ce n’est pas seulement une question d’apports nutritionnels. C’est aussi un moment de de plaisir et de vie commune. Même avec la nutrition entérale, l’enfant peut garder une vraie place dans ce moment familial. Participer à la préparation d’un plat, casser un œuf, mélanger, choisir une assiette ou la couleur des serviettes, ce sont de petits gestes, mais ils comptent beaucoup.

La cuisine peut aussi redevenir un lieu simple et précieux, où la famille se retrouve, rit, où les frères et sœurs – qui peuvent parfois se sentir mis de côté -ont leur place, et où l’on partage autre chose que les contraintes du soin. Même si les repas ne sont plus tout à fait comme avant, ce temps-là garde toute sa valeur. On remet un peu de normalité au milieu du chaos. Comme on a cuisiné ensemble, on mange ensemble. Ce sont des choses très simples, mais elles comptent énormément.

Le guide est disponible gratuitement dans 31 centres d’oncologie pédiatrique en France, et peut aussi être téléchargé sur ce lien.

Patricia, pouvez-vous revenir sur l’histoire de l’association s’il vous plait ?

Le nom de l’association est venu d’une scène d’école. Margo avait chanté Imagine de John Lennon dans sa classe d’anglais alors qu’elle était déjà très malade. Puis en hommage, chaque élève a écrit un petit texte commençant par Imagine. Pour illustrer ce projet, on m’a demandé de retrouver quelques dessins dans les cahiers de Margo. C’est ainsi que je suis tombée sur un texte qu’elle avait écrit. Elle y parlait de son enfance en Afrique du Sud, de Barack Obama, de Nelson Mandela… et à la fin, elle écrivait : « Cher lecteur, je veux juste vous dire : Go, Fight, Win – Vas-y, bats-toi, gagne.”

Ces trois mots sont devenus notre devise, notre élan, notre socle. Et de là est née l’association Imagine for Margo.

Les cancers pédiatriques sont un enjeu de santé publique majeur.Et pourtant, il y a encore une dizaine d’années, cette cause était presque invisible. Avec Imagine for Margo, nous avons voulu changer cela. Notre rôle est de collecter des fonds pour financer la recherche européenne et permettre aux enfants d’accéder à des traitements innovants. À l’occasion de la Journée internationale du cancer de l’enfant le 15 février 2026 et de son 15e anniversaire, l’association a célébré 15 victoires majeures dans la lutte contre les cancers pédiatriques. En 15 ans, l’association a reversé près de 30 millions d’euros à la recherche, financé 100 projets innovants, et permis à plus de 9 200 enfants de bénéficier de traitements personnalisés en Europe.

Mais notre action ne s’arrête pas là. Nous sensibilisons également le grand public afin que notre combat devienne une véritable priorité de société. Nous organisons des courses solidaires, mobilisons des partenaires privés et institutionnels, et collaborons avec les meilleurs centres de recherche en France et en Europe. Nous soutenons également plus de 700 familles et finançons des rénovations ainsi que du matériel pour les centres d’oncologie pédiatrique. Enfin, l’association met en place de nombreuses actions de bien-être, à l’hôpital comme à l’extérieur, au bénéfice des enfants, des adolescents, des parents et aussi des soignants. Depuis 2024, nous sommes reconnus d’utilité publique, une étape importante qui nous conforte dans notre mission : faire bouger les lignes, donner de nouvelles chances de guérison et offrir un espoir concret aux enfants et aux adolescents atteints de cancer. Notre vision est claire : un monde avec des enfants sans cancer.

 Les produits de nutrition entérale sont des denrées alimentaires destinées à des fins médicales spéciales, à utiliser sous contrôle médical. La nutrition entérale est administrée grâce à des dispositifs médicaux, avec marquage CE. Lire la notice d’instructions avant utilisation. Ce contenu a pour vocation de vous aider lors de la prise en charge nutritionnelle de vous ou de votre enfant sous nutrition entérale, en complément de l’accompagnement de votre équipe médicale. Si vous avez des questions complémentaires, parlez-en à votre médecin

260406, Avril 2026, NUTRICIA Nutrition Clinique – RCS NANTERRE 451 229 306

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Lili Rose et une drôle de petite sonde

Pour continuer à aller de mieux en mieux, Jules va conserver sa nutrition entérale pendant plusieurs mois.

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